Maison Fornel
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Restaurée en 1964 dans l'esprit du XVIIIe siècle par le ministère des affaires culturelles, la maison Québec-France (Maison Fornel), située au coeur de la place Royale, est officellement le siège de l'Association Québec-France depuis le 12 septembre 1995. La Maison Fornel doit son nom à Jean-Louis Fornel, un des principaux négociants de la ville de Québec sous le régime français.

Une première concession
Le terrain où s'élève aujourd'hui ce bâtiment fait l'objet d'une première concession en 1656 à Louis Rouer de Villeray, secrétaire du gouverneur Lauzon et premier conseiller au conseil souverain. Deux ans plus tard, Villeray fait ériger une maison. Détruite dans l'incendie de 1682, puis rebâtie, elle demeure la propriété des Villeray jusqu'en 1713.

Fornel... de père en fils
Cette année là, le 23 mars, Jean Fornel, locataire de la maison depuis un an, s'en porte acquéreur. En 1723, ce marchand sans grand renom, la lègue par testament à son fils, Jean-Louis, afin de « luy faciliter son établissement ». Quelques mois plus tard, Jean-Louis Fornel épouse Marie-Anne Barbel, fille de maître Barbel, notaire royal, et entreprend ainsi son ascension vers une vie marquée par l'aventure et le succès en affaires.

Très vite la maison paternelle se fait petite et des projets d'agrandissement se concrétisent dès 1724. La maison est alors élargie vers la place publique, comblant ainsi l'espace qu'occupait une cour depuis l'époque de Villeray. Puis en 1735, Jean-Louis Fornel fait construire deux voûtes sous la place pour répondre aux besoins grandissants d'entreposage de son commerce.

Jean-Louis Fornel, un négociant aventurier

Jean-Louis Fornel ne tient pas en place et s'avère tout autant aventurier que négociant. De fait, il est marchand, seigneur, entrepreneur et, de surcroît, explorateur et découvreur. En 1743, au cours d'une expédition le long de la côte du Labrador, il se rend au-delà du cap Charles, dernier avant-poste français, et prend possession de la baie de l'esquimau qu'il explore et rebaptise baie Saint-Louis (Hamilton Inlet).

Fornel ne réalisera jamais ses projets d'exploitation commerciale de cette région puisqu'il meurt en 1745. Sa veuve, Marie-Anne Barbel, qui se révèle une femme d'affaires habile et dynamique, prend la relève des entreprises de son mari et, de plus, se lance dans la fabrication de « poteries ». Les fouilles archéologiques sur le site de la maison ont d'ailleurs mis au jour quelques terrines réalisées dans cette fabrique par François Jacquet en 1755.
Reconstruction de la maison

La maison détruite par les bombardements lors du siège de Québec en 1759 est reconstruite par Marie-Anne Barbel, mais à deux étages plutôt que trois comme antérieurement. Elle reste en sa possession jusqu'en 1794, année de sa mort. C'est sa fille, Marie-Françoise Fornel, mariée à Alexandre Dumas qui en hérite.

    Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la maison garde sensiblement le même aspect. Vers 1897, Victor Lemieux, le propriétaire d'alors, hausse le bâtiment à quatre étages et le fait recouvrir de briques.

    En 1960, un incendie détruit en grande partie cet immeuble. Quatre années plus tard, après d'importantes fouilles archéologiques, la reconstruction de la maison Québec-France, telle que construite après la conquête, est entreprise.

Matériaux et particularités

    Cette maison, comme bien d'autres sur le site de la place Royale, possède des murs faits de pierre de Beauport, des ouvertures de portes et fenêtres en pierre de taille de la Ponte-aux-Trembles et un toit à deux égouts recouvert de tôle « à la canadienne ». Le toit à deux versants est notamment préféré au toit à la mansarde pour prévenir les incendies, ou leur propagation, car il requiert une structure de bois moins imposante.

    A l'image de plusieurs maisons de marchands de la même époque, la maison Québec-France possède des caves voûtées. Structure pouvant supporter un poids considérable, espace d'entreposage des denrées humides (vin, vinaigre, huile, etc), abri contre le vol et le feu, les voûtes de cette maison ont la particularité de se trouver sous la place Royale. Par contre, une partie des fondations en pierre de la maison Villeray, de même qu'un puits intérieur, existent toujours au sous-sol de la maison.
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